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Le mouvement social du 18 octobre a lieu alors que nous ne connaissons pas encore le détail des réformes annoncées. Comme d’habitude, le « dialogue social » dégénère avant même d’avoir commencé. Au-delà de l’apparence de la classique épreuve du muscle, Alternative Libérale se demande s’il n’y aurait pas ici un marché de dupes. Le gouvernement est-il réellement embarrassé par ces grèves et les syndicats sont-ils vraiment hostiles au projet du gouvernement ?
C’est un fait connu, les mouvements syndicaux en France ont tout du réflexe conditionné. Ici, on pourrait croire que la « Rupture » justifie une grève dans les règles de l’art, empêchant des millions de nos compatriotes de rejoindre leur site de travail. Des réformes qui font peur aux syndicats ? Pas si sûr, car il semble bien que le gouvernement a déjà conclu en coulisse un accord qui arrange toutes les parties et sauve l’apparence de la réforme. Et pour compléter le tableau, ne serait-ce que pour conforter leur base, les syndicats doivent se prêter au traditionnel bal des blocages. En effet, la rupture en question est simplement un passage des régimes “très spéciaux” aux régimes “spéciaux” des fonctionnaires et ce, pas avant 2012 : ce statut de la fonction publique permet aux fonctionnaires de ne cotiser que 37,5 années contre 40 dans le privé, en bénéficiant d’un calcul des cotisations sur les six derniers mois de salaires. C’est, en-soi, une rupture scandaleuse du principe d’égalité qui prévaut dans notre droit, un privilège hérité du passé. Mais le gouvernement, d’après nos sources, serait prêt à aller plus loin encore pour gagner les syndicats à sa réforme. En effet, le gouvernement aurait proposé d’inclure les primes dans le calcul des six derniers mois, ce qui revient à offrir 2,5 années de cotisation supplémentaires, de conserver les avantages familiaux des régimes spéciaux et de préserver les bonifications, sauf pour les nouveaux recrutés à partir de 2008. Ainsi, la réforme n’aura d’impact réel sur les régimes spéciaux tels que nous les connaissons qu’à partir de…2025. En attendant, le gouvernement aura eu l’apparence de l’action, les syndicats l’apparence de la contestation. Idéal pour le gouvernement, qui ressoude ainsi sa base électorale à quelques mois de municipales difficiles (Xavier Bertrand espère que « le mouvement va être grand »…). Une aubaine également pour les syndicats qui sont en panne de mobilisation depuis 2003. La seule chose bien réelle dans cette affaire, ce sont les Français privés de métro, de RER ou de bus, pris en otages par un système absurde.
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