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Ceux qui attendaient une grande annonce de l’interview présidentielle en sont pour leurs frais : en guise de « révolution du pouvoir d’achat », ils n’ont qu’un catalogue de mesurettes disparates et confuses à ronger. Quand seront engagées les vraies réformes structurelles que les Français attendent ?
Accordons un mérite à Nicolas Sarkozy : celui d’avoir reconnu enfin ce que lui répète son premier ministre depuis des mois, à savoir que les caisses de l’Etat sont vides et que non, tout n’est pas possible en matière économique. Une lucidité nouvelle dont il faut espérer qu’elle inspire une gestion budgétaire plus rigoureuse à l’avenir que ce qu’elle fut ces derniers mois. Hélas, le président ne semble pas encore avoir compris que le pouvoir d’achat ne tombe pas du ciel : il vient de la croissance et de la création d’emplois. Or, aucune des mesures annoncées ne créera de la croissance en France, pas plus que des emplois. La cession de 3 % de EdF pour investir dans les universités pourrait avoir un effet bénéfique, à condition qu’on aille bien plus loin que la loi LRU pour que cet argent soit vraiment bien employé. Le système proposé par Nicolas Sarkozy pour permettre à certaines entreprises de renégocier les horaires de travail s’annonce comme une nouvelle usine à gaz à l’image de la réforme des heures supplémentaires, sur laquelle les entreprises s’arrachent les cheveux depuis leur mise en place, quand elles n’y ont pas tout simplement renoncé pour cause de complexité. Quant à la création d’une nouvelle agence publique, une de plus, chargée de garantir les loyers impayés à la place des locataires, qui peut croire qu’elle aidera nos concitoyens à se loger ? Cette demi-mesure ne fera que bureaucratiser le marché du logement, dissuadant ainsi d’autres propriétaires de mettre leur bien en location. Pour le reste, le gouvernement s’en tient aux méthodes qui ont prouvé leur inefficacité depuis des décennies. Pour ne prendre que l’exemple du logement : encadrement des prix, régulation des pratiques et bureaucratisation supplémentaire. Quand les réformes libérales seront-elles enfin mises en œuvre comme elles l’ont été avec succès en Irlande, en Espagne ou au Royaume-Uni ? Si Nicolas Sarkozy veut remettre la France sur le chemin de la croissance, il lui faudra lancer le seul type de réformes non encore tentées dans notre pays : libérer le marché du travail, débloquer celui du logement, réformer le statut de la fonction publique et l’Etat en profondeur. Nous sommes encore bien loin du compte.
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