En activant la clause de sauvegarde pour interdire la culture du maïs Mon810, le gouvernement a sacrifié l’expertise scientifique sur l’autel de la démagogie. Au lieu de céder aux menaces de José Bové, Nicolas Sarkozy ferait mieux de tenir compte de l’avis des scientifiques compétents.
Comme c’est le cas dans bien trop de domaines, les choix stratégiques pour l’avenir de l’agriculture et la recherche scientifique françaises restent soumis au bon vouloir du Prince. Hélas ses choix semblent dictés par des impératifs bien peu scientifiques.
Ainsi, lorsqu’il constitue une Haute Autorité autour de la question des OGM, ce n’est pas pour consulter sérieusement la communauté scientifique mais pour disposer d’un prétexte et trancher la question dans la précipitation.
Pendant que la passionaria écologiste du gouvernement, Nathalie Kosciusko-Morizet, faisait la bise au multirécidiviste José Bové en grève de la faim, le Sénateur Jean-François Legrand, président de la dite Haute Autorité, remettait au ministre Jean-Louis Borloo des conclusions pour le moins contestables, puisque dénoncées par 12 des 15 membres de la commission qu’il était censé présider. De là à en déduire que ces conclusions étaient décidées d’avance, il n’y a qu’un pas.
On est donc en droit de se demander pourquoi le gouvernement a décidé d’activer maintenant cette clause de sauvegarde alors que bon
nombre de scientifiques des plus qualifiés pensent au contraire que le maïs Bt ne présente aucun danger.
Nicolas Sarkozy était le seul candidat à s’être engagé durant la campagne à ne pas proposer de moratoire sur les OGM. En s’affichant désormais comme un fervent allié de l‘écologisme le plus obscurantiste, le président semble s’être « chiraquisé » plus vite que son ombre. L’approche de municipales qui s’annoncent difficiles pour la majorité n’est peut-être pas étrangère à ce revirement.
Tant pis pour nos labos en pointe sur la question, ils se délocaliseront. Tant pis pour nos scientifiques, ils s’expatrieront vers des cieux moins obscurantistes. Tant pis pour notre agriculture, elle devra continuer à perdre des marchés pour regarder passivement le monde évoluer sans elle.
Alternative Libérale dénonce l’arbitraire d’une décision qui n’est ni démocratique, ni scientifique, ni économique, et le gâchis qu’elle ne manquera pas d’entraîner.