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L’émotion suscitée par le cas récent de Chantal Sébire a relancé le douloureux débat sur l’euthanasie et le suicide assisté. Alternative Libérale plaide pour le droit des malades à décider eux-mêmes, en toute conscience, de leur fin de vie.
Si la loi Léonetti de 2005 a autorisé les malades atteints de pathologies incurables à refuser l’acharnement thérapeutique dans certaines situations, en suspendant tout traitement ou alimentation, elle exclut que leur décès puisse être précipité d’aucune façon ou que les moyens d’abréger leurs souffrances soient mis à leur disposition.
Il en résulte une situation hypocrite, où la seule alternative offerte aux personnes qui désirent abréger des souffrances insupportables sans espoir de guérison est de mourir à petit feu, faute d’alimentation, plongés dans un coma irréversible sur un lit d’hôpital.
Breton écrivait : « Le plus beau cadeau de la vie est la liberté qu’elle nous laisse d’en sortir à notre heure ». La possibilité de mettre fin à nos jours au moment où nous le voulons est pour la plupart d’entre nous une liberté de facto, qu’heureusement nous n’exerçons jamais pour la plupart, mais qui reste toujours à notre disposition.
Il n’est pas acceptable que sous prétexte qu’une personne n’est plus en mesure, par son état physique ou son immersion en milieu hospitalier, de mettre fin à ses jours par ses propres moyens, qu’aucune possibilité ne lui soit laissée d’exercer ce droit inaliénable.
Interdire toute aide au suicide, quand la personne concernée a clairement exprimé et répété sa volonté, revient à considérer cette personne comme mentalement déficiente et inapte à exercer le droit le plus intime : celui de choisir les circonstances de sa mort.
Plusieurs de nos voisins comme la Suisse, la Belgique, les Pays-Bas ou l’Espagne ont prévu cette possibilité dans leur législation et nombreux sont les Français à se rendre dans ces pays pour y mourir comme ils l’entendent.
Ainsi, le droit à mourir dans la dignité est aujourd’hui un privilège réservé à quelques uns, comme l’était il y a quelques décennies celui des femmes à interrompre une grossesse sans risquer leur vie ou la prison.
Les libéraux plaident pour une législation permettant aux malades en fin de vie qui le souhaitent d’obtenir par une prescription les moyens de mettre fin à leurs jours eux-mêmes, avec ou sans accompagnement médical, comme cela se pratique en Suisse ou en Belgique.
Enfin, les efforts engagés depuis quelques années dans le traitement de la douleur et les soins aux personnes en fin de vie doivent être intensifiés afin d’améliorer la qualité de vie de tous et jusqu’à la dernière heure. En aucun cas l’évolution nécessaire de la loi ne doit servir de prétexte à une relâche des efforts en la matière.
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