Les libéraux s’opposent radicalement à Edvige, le nouveau fichier de surveillance généralisée, sur le point d’être lancé. Le coût en terme de liberté individuelle est trop élevé. Stopper Edvige est un combat sérieux, qui mérite des arguments solides et pas seulement de l’indignation, même légitime : l’opinion, en effet, reste à convaincre.
Ces derniers jours, les critiques contre le nouveau fichier Edvige (Exploitation Documentaire et Valorisation de l'Information Générale) se sont multipliées. Associations, syndicats, partis de gauche et du centre, ont haussé le ton.
Nous, libéraux, leur donnons bien entendu raison ! Edvige aura la particularité de regrouper dans une même base de données personnalités publiques et « fauteurs de troubles potentiels », ce dès l’âge de 13 ans. Le gouvernement s’apprêtait à le mettre en service quand la CNIL a eu la bonne idée de rendre l’affaire publique, par une publication au J.O.
Alors que les critiques se multiplient et que la pétition lancée sur Internet contre Edvige remporte un franc succès (près de 90 000 signatures, http://nonaedvige.ras.eu.org/), les arguments fondamentaux qui légitiment cette opposition sont malheureusement trop rarement développés. Alternative Libérale, le seul parti libéral dans notre pays, s’engage pour la suppression du fichier Edvige et contre tout fichier de renseignement de masse mêlant des individus de tous horizons, non délinquants, pour aux moins cinq bonnes raisons :
- Les critères de sélection des individus fichés ne sont pas clairs : dès lors, la porte est ouverte à toutes les dérives. Un fonctionnaire peu scrupuleux peut facilement prendre la liberté, à l’insu de ses supérieurs, d’inclure au fichier une personnalité qu’il déteste en jouant de critères peu objectifs. Les risques de dérives sont considérables.
- Les intéressés ne sont pas informés de leur fichage. Or l’Etat n’a pas le droit d’espionner les personnes à leur insu, sans raison valable : nous avons un droit à l’intimité. Que l’on revendique pour soi ce droit ou non, que l’on souhaite occulter une partie de sa vie ou pas, il s’applique par défaut à tout individu.
- Un fichier contient toujours de nombreuses erreurs. C’est ainsi que de paisibles quidams peuvent être suspectés des pires accointances. Or, si théoriquement les citoyens ont un droit de regard, en réalité obtenir sa « fiche des RG » est un parcours du combattant. A condition, bien entendu, d’avoir imaginé qu’elle puisse exister.
- Le fichier fait peur : menacer une personne d’être inscrite sur Edvige, ou pire, de voir « charger » sa fiche, est un moyen de pression discret et efficace. Comment ne pas imaginer qu’il sera employé, tôt ou tard, par un service de police pressé…
- Les fichiers de citoyens peuvent devenir des armes très dangereuses entre de mauvaises mains. Rien ne nous garantit qu’une fois ce type de fichier constitué, il ne tombera pas dans de mauvaises mains (vol et utilisation criminelle, homme politique corrompu en campagne, entreprises malhonnête – assurance par exemple).
Pour toutes ces raisons, Alternative Libérale s’oppose radicalement à Edvige et demande sa suppression. A quoi nous sert notre sécurité si nous devons, pour la conserver, brader notre liberté ? Nous n’aurons, en fin de compte, ni l’une, ni l’autre.