Après l’annonce d’une taxe de 1% sur les revenus du patrimoine et des placements pour financer le RSA, Alternative Libérale dénonce ce travers français bien connu : la Taxmania, une taxe nouvelle pour chaque réforme ! Solution de financement à courte vue, malheureusement, dans notre pays déjà écrasé par la fiscalité. Les marges de manoeuvre devraient être recherchées du côté de la baisse des dépenses et non de l’augmentation des impôts.
Le Président de la République débute cette nouvelle année scolaire comme il avait terminé la précédente : par une taxe. L’année passée avait pourtant déjà été prolifique en la matière : taxe sur le poisson pour financer les pêcheurs, taxe sur les FAI pour financer l’industrie du disque, taxe annuelle sur les véhicules polluants (même ceux qui ne roulent pas), etc…
Septembre n’a pas encore débuté que la Taxmania a déjà repris notre cher pouvoir : voici la taxe de 1,1% sur les revenus du patrimoine et des placements pour financer le RSA.
Le RSA est pourtant une idée intéressante pour accompagner le retour à l’activité. C’est une solution de bon sens, validée par l’expérience. On ne peut en effet imaginer que le retour au travail coûte plus cher, dans le cas de bas salaires, que le maintien dans l’inactivité : c’est pourtant souvent le cas. C’est un calcul, absurde en théorie, mais malheureusement économiquement rationnel. Le RSA y met en terme en réhabilitant l’intérêt économique du retour au travail pour les faibles revenus.
En lieu et place d’une nouvelle taxe qui grève un peu plus le pouvoir d’achat des ménages et la croissance, le gouvernement aurait été mieux inspiré de réfléchir aux économies qui pourraient permettre de financer ce dispositif, à commencer par la rationalisation des dépenses de l’Etat. Est-il encore nécessaire de rappeler que la France se classe juste derrière la Suède en terme de prélèvement obligatoires globaux, soit près de 45 % du PIB (selon les chiffres officiels) ?
Un système écrasant et injuste, comme le souligne Alain Quinet, inspecteur des finances et numéro deux de la Caisse des Dépôts dans son Rapport de Revue Générale des Prélèvement Obligatoires remis en septembre 2007 à Nicolas Sarkozy : « Le système de prélèvements est aujourd'hui à réinventer pour le rendre plus rationnel et plus cohérent » ou encore « Si notre pays veut renouer durablement avec une croissance forte (...), il doit faire de son système de prélèvements obligatoires un atout et non un handicap, même si cela implique des réformes difficiles ».
Enfin, seule une réforme en profondeur de notre droit du travail trop complexe et de notre système de protection sociale trop coûteux et profondément injuste permettront, dans la durée, de réduire le chômage et d’accroître le revenu des salariés. Sur le plan fiscal, la Flat Tax (impôt proportionnel au revenu), réglerait bien des maux.