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Syndicats : Y’a pas marqué La Poste


Communiqué de presse - 24 septembre 2008
Alors que l’ouverture du capital de La Poste est annoncée et que Jean-Claude Bailly, choisit de réserver une partie du capital aux employés, on assiste à une levée de bouclier syndicale. Or il faut des fonds pour moderniser l’entreprise et lui permettre de faire face à la concurrence. Si La Poste reste publique, les Français devront payer davantage d’impôts, pour financer un service qui n’est pas forcément l'un des plus performants en Europe. Alternative Libérale en appelle donc à une privatisation rapide de La Poste.

Dans une interview aux Echos, le Président de la Poste dévoile ses préférences en faveur d’une ouverture de capital fortement dirigée vers les salariés. De quoi rendre plus d’un responsable syndical schizophrène.

La libéralisation totale de la distribution du courrier en 2011 oblige La Poste à trouver des fonds importants pour se moderniser et affronter une concurrence bien mieux préparée qu’elle. Si la levée de capitaux en bourse semble inévitable, reste encore à en préciser les modalités. A qui serait-elle destinée ? Aux investisseurs institutionnels, comme la Caisse des Dépôts et Consignation, au grand public, ou enfin aux salariés de l’entreprise publique ? Le Président de la Poste, Jean-Paul Bailly, propose de destiner une part importante de cette augmentation aux salariés.

Politiquement, le coup est d’une habileté diabolique. On imagine non sans un certain plaisir les interrogations existentielles des camarades postiers au moment de franchir le Rubicon des anticapitalistes : to be or not to be un petit actionnaire ! Beaucoup plus significativement, cette initiative ferait apparaître combien la séparation entre actionnaires et travailleurs, entre capitalistes et prolétaires, n’existe que dans l’idéologie préhistorique de certains syndicats réactionnaires.

Sur le fond du dossier, la question ne se pose en fait même pas. La Poste a besoin de capitaux pour se développer, bien davantage que ce que l’Etat peut lui fournir. Elle doit donc convaincre d’autres investisseurs que l’entreprise est rentable pour qu’ils lui apportent leur participation. Comment ne pas se féliciter d’un retour à une gestion saine, après des années de décisions purement politiques et syndicales rendues sans considération pour la bonne gestion ni pour la qualité de service rendue. L’argent public est si vite dépensé quand une cote de popularité est en jeu.

Sans surprise, les forces syndicales font blocage pour empêcher un nouveau mur de Berlin de s’effondrer. Elles en appellent donc à un référendum sur le statut de la Poste. Alternative Libérale est tout à fait favorable à cette option, si tant est que la question soit correctement posée. Ne nous contentons en effet pas de demander aux Français s’ils souhaitent que La Poste demeure une entreprise publique, mais demandons leur combien ils sont prêts à payer en taxes supplémentaires pour qu’elle le demeure. Dans ce cas, le résultat de la consultation ne fait aucun doute, et l’ouverture de capital est en route.

Il convient d’ailleurs de rappeler que les performances de notre poste nationale sont loin d’égaler celles de ses consoeurs Européennes : en France, 82,5% des lettres arrivent à destination à J+1 contre 95,5% en Suède, 98% en Suisse et 97% aux États-Unis… Quant aux « pertes » de colis, elles auraient atteint 1,5 million d'objets en 2007 (selon Que Choisir), soit près de 1% des colis transportés. Gageons que des investisseurs responsables sur leurs propres deniers investis des performances de l’entreprise auront à cœur de satisfaire et fidéliser davantage leur clientèle.

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