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Que s’est-il passé pour qu’Airbus, leader hier de l’aéronautique mondiale, annonce aujourd’hui plus de 10 000 suppressions d’emplois ? Tout le monde le sait : les hommes politiques ont veillé sur le destin de leur « fleuron ».
Nullement inhibés par la gestion désastreuse de l’ancien consortium par leurs gouvernements respectifs, les candidats des grands partis rivalisent aujourd’hui de promesses d’intervention démagogiques. Mais si l’ingérence politique pouvait résoudre les difficultés d’Airbus, l’entreprise n’en serait pas là.
S'il est légitime que les Etats s'intéressent à l'aéronautique, notamment à travers les travaux de recherche à portée militaire, l'ingérence des gouvernements dans la gestion quotidienne d'Airbus a conduit aux pires aberrations : négociations « au sommet » sur la nationalité des dirigeants, système de décision inepte brouillé par les intérêts politiciens, chamailleries sans fin sur la localisation des sites de production, gaspillages massifs induits par une logistique insensée, etc.
Loin de tirer les leçons de ces échecs patents, les candidats à l’élection présidentielle en rajoutent allègrement et promettent, une fois encore, que le salut viendra de l’argent public.
Prêchant l'exemple allemand, Ségolène Royal appelle les régions - en attendant les communes ? - à entrer dans le capital d'Airbus. Elle oublie que la France n’est pas un Etat fédéral et que les Länder disposent de budgets sans commune mesure avec nos régions.
Nicolas Sarkozy, qui n’est plus à une volte-face, souligne lui le « rôle essentiel » de l’Etat et promet de recapitaliser l’entreprise, quelques jours seulement après avoir déclaré que « les Etats ne sont pas les actionnaires industriels les plus avisés ». Allez comprendre.
Alternative Libérale dénonce ces pompiers pyromanes qui en appellent à l’Etat pour résoudre les problèmes qu’il a lui-même généré. L'injection de deniers publics ne réglera pas les difficultés chroniques d'une entreprise qui prend l'eau de toute part.
Pendant ce temps, qui prête l’oreille à ce que dit Louis Gallois ? Le président d’Airbus, interrogé par le Financial Times il y a quelques jours, a déclaré qu'aucun gouvernement ne doit intervenir dans le management et que les desiderata nationaux sont un « poison pour l'entreprise ».
A bon entendeur…
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