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A l’heure où Jacques Chirac, prétendu défenseur du terroir, tâte une dernière fois officiellement le cul des vaches au salon de l’agriculture, Alternative Libérale appelle à une réorientation radicale de la politique agricole européenne, au plus tôt.
En soutenant la PAC contre vents et marées, malgré l’avis contraire de nos partenaires européens, Jacques Chirac a largement contribué à plomber l’agriculture française, notre environnement, le poids de l’alimentation dans le panier de la ménagère, les comptes de l’Europe et l’économie agricole fragile des pays les plus pauvres.
Au lieu de fixer comme priorité l’instauration d’une défense ou d’une politique de recherche commune, l’Europe consacre 40 % de son budget au soutien d’un secteur qui fait travailler aujourd’hui seulement 4 % de la population française. Et pour quels résultats ?
Un désastre écologique : 80 % des aides vont à 30 % des agriculteurs. Alors que la majorité ne reçoit rien, quelques exploitations touchent jusqu’à 850.000 euros de subventions par an. Hélas, ce ne sont pas celles qui pratiquent une agriculture durable, extensive et à haute valeur ajoutée. En incitant à une production intensive, hautement polluante et gourmande en eau, la PAC a entrainé mécaniquement la pollution de nos sols et l’assèchement de nombreuses nappes phréatiques. Ignorant toute démarche qualitative, elle a aussi favorisé le mépris de notre santé, autant que de l’environnement.
Un désastre économique : Au lieu d’acheter ses denrées aux cours mondiaux, bien inférieurs, le consommateur français les paie à prix d’or, et doublement. D’abord par le cours maintenu artificiellement cher, ensuite en finançant les subventions par l’impôt, nourrissant au passage la lourde bureaucratie du secteur agricole : 1 fonctionnaire pour 25 agriculteurs !
Un désastre humanitaire: Le dogme de « l’autosuffisance alimentaire », dans un monde en surproduction chronique, ferait rire s’il ne pesait pas sur le développement de pays encore essentiellement agricoles. Nous subventionnons nos exportations vers ces pays et leur fermons nos portes au lieu de les laisser vendre leurs produits librement. Nos vaches laitières reçoivent ainsi deux euros de subvention par jour, alors que la moitié de l’Afrique vit avec moins d’un dollar par jour ! Plutôt que d’alimenter la corruption par des aides d’Etat, laissons enfin les Africains vivre de leur activité agricole et développer leur économie naturellement.
N’attendons pas 2013 pour mettre fin à cette folie destructrice : réorientons la PAC dans une direction moins productiviste, pour une agriculture européenne innovante, plus respectueuse des consommateurs et de l’environnement.
Les agriculteurs français sauront profiter de ces nouvelles opportunités.
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