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Heures supplémentaires : Sarkozy s’attaque au symptôme, pas à la maladie


Communiqué de presse - 7 juin 2007
La réforme des heures supplémentaires annoncée par Nicolas Sarkozy au nom du « Travailler plus pour gagner plus » est une nouvelle usine à gaz qui ne règlera ni la question de l’emploi, ni celle du pouvoir d’achat. Seules la simplification du code du travail et l’incitation à l’investissement privé permettront aux entreprises de créer des emplois et à la France de retrouver la croissance.

Le slogan « Travailler plus pour gagner plus » a structuré la campagne de Nicolas Sarkozy. S’il est exact que les Français ne travaillent pas assez en comparaison avec les autres pays développés, cette situation n’est pourtant pas la cause de la crise que nous vivons, mais bien une de ses conséquences.
Le nouveau Président s’attaque donc à un symptôme du mal français, mais pas à la maladie qui ronge notre économie. En effet, le peu de temps consacré en moyenne par les Français au travail résulte de la complexité de notre législation et du manque d’investissement dans notre tissu de petites et moyennes entreprises, qui freinent l’emploi et la croissance depuis des décennies.

La réforme que le gouvernement s’apprête à mettre en œuvre est une nouvelle usine à gaz, dont les conséquences, tant le coût des défiscalisations promises est élevé (plus de cinq milliards d’euros), seront payées au prix fort par les Français.

Les heures supplémentaires ne serviront pas l’emploi. Les patrons aujourd’hui inquiets, notamment ceux dirigeants des petites et moyennes entreprises, premières recruteuses de France, retardent chaque embauche de crainte de se retrouver en sureffectif si les commandes venaient à manquer. En effet, si un tel sureffectif survenait, l’entreprise serait en danger car notre droit du travail rend très complexe les licenciements. Les heures supplémentaires défiscalisées vont donc donner un argument supplémentaire aux patrons pour ne pas embaucher de nouveaux salariés. On les blâmera difficilement, tant le droit du travail et la complexité de la réglementation transforment toute nouvelle embauche en risque économique.

On pourrait croire que cette mesure distribuera du pouvoir d’achat aux salariés. En réalité, elle ne fera que déplacer le financement de nos retraites et de la sécurité sociale vers la fiscalité générale. L’Etat récupérera en impôt les déficits qu’il laisse aujourd’hui filer, de façon totalement irresponsable. Ce que les citoyens croiront gagner sur leur feuille de paie, ils le paieront bientôt sur leur feuille d’impôt. Ainsi, les heures supplémentaires de Nicolas Sarkozy seront une sorte d’amphétamine économique, qui annonce déjà un dur retour à la réalité. Curieux retour au keynésianisme, à la relance par la consommation, pour un gouvernement qu’on croyait dans la « rupture ».

La défiscalisation des heures supplémentaires ne règlera ni le problème du chômage, ni celui du pouvoir d’achat. Au contraire, cette mesure risque d’aggraver les deux : elle sera une erreur d’ampleur équivalente à celle commise par la gauche avec les 35 heures. Comme le souligne Pierre Cahuc, du Conseil d’Analyse Economique « ce type de fiscalité doit être évité. Il ne constitue pas un moyen efficace de valoriser le travail ».

Les libéraux préconisent une simplification radicale du droit du travail, pour encourager l’embauche. Cette simplification passe notamment par la fin de la durée hebdomadaire légale et la liberté de négociation du temps de travail entre employeurs et salariés.

Les libéraux veulent aussi encourager le soutien à l’investissement privé dans les petites et moyennes entreprises, qui manquent cruellement de capitaux aujourd’hui pour se développer. Il faut favoriser la multiplication des "business angels", ces petits investisseurs privés indépendants qui prennent le relai du développement avant que les sociétés n'intéressent les banques. 

C’est la multiplication des offres, des innovations et des projets qui créa de l’emploi : l’initiative privée doit être soutenue.

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