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Sabine Herold, 26 ans, consultante, est porte-parole d’Alternative libérale.
FRANCESOIR. Comment avez-vous vécu cette folle journée ?
SABINE HEROLD. Aujourd’hui assez difficilement. Ce matin il fallait que je sois à 8 heures dans le VIIIe arrondissement et j’en ai eu pour une heure trois quarts de marche, et j’ai cette chance de pouvoir faire cela à pied. Ma cousine, par exemple, habite à Epinay-sur-Seine ; il n’y avait aucun train au départ de son lieu de résidence pour Paris où elle travaille. Elle a été dans l’obligation de « poser » une RTT, c’est une journée de moins à passer avec ses enfants pendant les vacances de Noël.
Cela peut paraître normal à certains d’être solidaires avec les cheminots ? Il y a deux choses. Tout d’abord il s’agit d’un mouvement de grève d’égoïstes. Le privé est passé à quarante ans en 1993, le public l’a fait en 2003. Aujourd’hui il veulent nous faire croire qu’il défendent le service public alors que c’est pour leurs propres intérêts. Ensuite, le principe de grève, je ne suis pas contre, mais pas pour des entreprises qui ont le monopole. En France, seule la SNCF peut faire rouler des trains, seule la RATP a le droit de s’occuper des transports en commun dans la capitale. Pour éviter la prise d’otages des usagers, il faut mettre fin aux monopoles de ces entreprises comme au Japon, en Grande-Bretagne, en Norvège et à Hongkong.
Comment souhaitez-vous faire bouger les choses ? En 2003, j’ai organisé une manifestation « antigrève » qui avait réuni plus de 80.000 personnes selon les renseignements généraux. On veut faire la même chose cette année. On appelle à une manifestation dimanche à 15 heures au départ de République et jusqu’à Nation. Le cortège aura un double message : arrêter de faire la grève, de paralyser l’économie et de nous prendre en otages. Et réformons le pays. La France ne peut plus continuer ainsi.
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