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"Une partie de nos militants rongent leur frein et nous le font savoir. Mais descendre dans la rue n'est pas notre option." Dominique Paillé, député des Deux-Sèvres et secrétaire adjoint de l'UMP, reconnaît l'impatience de la base face aux blocages dans les transports. Pour l'instant, la consigne se limite à des distributions de tracts aux abords des gares pour "faire oeuvre de pédagogie et expliquer la réforme", ajoute M. Paillé.
La démonstration de force contre les grèves pourrait venir de diverses associations se revendiquant de la "société civile" et d'une formation politique, Alternative libérale, créée en 2006, qui appellent à une manifestation dimanche 18 novembre à Paris "contre tous les blocages". L'initiative en revient à l'association Liberté chérie qui, en plein mouvement social contre la réforme des retraites du gouvernement Raffarin en 2003, avait réussi à rassembler spontanément 20 000 à 30 000 personnes à Paris.
"DICTATURE DES SYNDICATS"
A cette action se sont agrégés d'autres organismes, tels Contribuables associés, le collectif des étudiants de "stop-la-grève", proche du syndicat Uni, Sauvegarde retraites ou encore l'Institut français pour la recherche sur les administrations publiques (IFRAP), un organisme privé de réflexion sur la modernisation de l'Etat. Tout en refusant d'être "la courroie de transmission du gouvernement", ces mouvements préconisent des réformes profondément libérales, en opposition à "la dictature des syndicats", accusés de défendre des "privilèges qui n'ont plus lieu d'être" et de "prendre la France en otage". Ils attendent du chef de l'Etat "qu'il ne cède pas", martèle Agnès Verdier-Molinié, vice-présidente de l'IFRAP.
Depuis une semaine, Sabine Herold, la fondatrice de Liberté chérie et porte-parole d'Alternative libérale, est l'invitée privilégiée des animateurs de télévision pour exprimer "l'exaspération des usagers" et apporter la contradiction aux responsables syndicaux.
Les Créateurs d'emplois et de richesses de France (CERF), un groupement qui revendique la représentation des très petites entreprises, se sont aussi associés à l'appel pour dimanche. Ils ont pour cela demandé à des centaines de commerçants et d'artisans contactés par messagerie électronique d'inonder les rédactions parisiennes de tracts pour "soutenir la manifestation de la majorité jusqu'alors silencieuse".
Michel Delberghe
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