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Les anti-grève sortent du bois aujourd'hui. Alors que le mouvement contre la réforme des régimes spéciaux dans les transports s'appréte à faire la jonction, mardi, avec la grève des fonctionnaires pour le pouvoir d'achat, plusieurs associations appellent à une « grande manifestation de la société civile », cet après-midi, à Paris, entre République et Nation.
C'est l'association Liberté chérie, relayée par le jeune parti politique Alternative libérale (son émanation), qui organise le défilé. En 2003, ces ultralibéraux, menés par leur égérie Sabine Herold, avaient mobilisé 18.000 personnes en soutien à la réforme des retraites de François Fillon, alors ministre de Jean-Pierre Raffarin. Cette fois, ils attendent « plus de 10.000 manifestants » pour fustiger « les syndicats les plus archaïques et les moins représentatifs d'Europe », pour « appeler à de véritables réformes dans notre pays » ou pour réclamer une « abolition négociée du statut de la fonction publique ».
Différentes associations ont répondu à l'appel, comme Contribuables associés, Sauvegarde retraites ou l'lfrap (Institut français pour la recherche sur les administrations publiques). Des collectifs d'étudiants proches de l'UNI, syndicat universitaire de droite, comptent aussi faire entendre leur voix. En revanche, la Fédération des usagers des transports et des services publics (FUTSP) a finalement renoncé à organiser sa propre contre-manifestation hier : son président Jean-Claude Delarue invoque « l'épuisement » des usagers. Mais des « opérations dans les gares » pourraient étre organisées si le mouvement des cheminots se poursuit.
De son côté, l'UMP ne prévoit aucune action antigrève « pour l'instant ». Si de nombreux militants révent d'une grande marche de soutien au gouvernement, ses responsables ne veulent pas « mettre de l'huile sur le feu », conformément aux consignes sarkozystes. Hier, Patrick Devedjian, secrétaire général, a souligné sur les ondes de RTL que son parti était « assailli par ses militants révoltés par la souffrance imposée à la population [...] prise en otage ». Quant à mettre sur pied une contre-manifestation, « si ça se prolonge la semaine prochaine, c'est une éventualité que nous devrons examiner ». Bertrand Gréco
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